CANNIBAL HOLOCAUST
(Ruggero Deodato - 1980 - 1h26)
Avec Robert Kerman, Francesca Ciardi, Perry Pirkanen
Interdit aux moins de 18 ans
L'histoire:
Une équipe de journalistes composée de trois hommes et une femme se rend dans la jungle amazonienne afin à la recherche de vrais cannibales. Bientôt, la troupe ne donne plus aucun signe de vie. Le gouvernement américain décide alors d'envoyer une équipe de secours sur place. Celle-ci retrouve, grâce à une tribu amazonienne, les cassettes vidéos de la première équipe, qui renferme le terrible secret de leur disparition...
Mon avis:
Premier film de cannibale que je critique ici. Pour info, le genre cannibale est un sous-genre du survival, comme l’est par exemple le rape and revenge (que j’avais déjà évoqué pour
La Colline
a des Yeux ou encore
La Dernière Maison
sur
la Gauche
de Wes Craven). Le principe, c’est tout simple, des explorateurs découvrent ou vont à la rencontre d’une tribu cannibale, avec tout pleins d’effets gore en perspective.
Film au bilan très mitigé pour ma part. Je ne l’ai vu deux fois en tout et pour tout, et je m’en souviens assez pour en parler quelque peu. De bonnes idées dans ce film, malheureusement desservies par une tendance au voyeurisme et au malsain franchement abject.
Mais revenons un peu sur le scénario : une équipe de journalistes partent en Amazonie faire un reportage sur des tribus sauvages supposées cannibales. On ne les reverra pas. Une autre équipe retrouve leurs pistes et comprennent qu’ils se sont fait massacrés. Pourquoi ? Les vidéos de la première équipe retrouvées nous l’apprendront. On a donc droit à un film dans le film, comme si l’on voyait un reportage réel. La façon de tourner fait penser aux « légendaires » snuff movies, dont Le Projet Blair Witch en est peut-être le meilleur exemple, ou on ne sait plus très bien différencier la réalité de la fiction. Il paraîtrait même que les réalisateurs de Blair Witch se sont inspirés de Cannibal Holocaust, et ça ne m’étonnerait guère tant certaines ressemblances sont frappantes, comme par exemple la chute de la caméra à la fin avec le corps du caméraman qui tombe en face de nous ou encore la recherche de témoignages.
Intéressant donc comme concept, surtout que Deodato, avant même l’apparition de la télé-réalité, y va de sa critique envers la société de consommation qui est prête à payer pour voir tout et n’importe quoi, ou encore de la première équipe qui se permet tout et n’importe quoi dans la tribu amazonienne sous prétexte que c’est un reportage sur les mœurs de la tribu et aussi qu’ils sont des occidentaux, ils s’accordent donc le droit de s’ingérer et de faire ce qu’ils veulent dans la tribu.
Au niveau de la réalisation, elle est vraiment lourde (malgré qu’on ne s’ennuie pas dans le film), tout comme la musique affreuse et totalement hors de propos avec le reste. Les acteurs quant à eux sont justes moyens.
Et les points négatifs dans tout ça ? Il y en a énormément. C’est dommage, parce que le concept de base aurait pu donner des trucs intéressants, mais Deodato a apparemment voulu choquer pour choquer, sans aucun fond, et parfois même sous le prétexte des us et coutumes de la tribu cannibale, du genre « c’est un rite, sa femme l’a trahie alors il la viole avec un caillou pointu et la tabasse à mort » ou encore « c’est un rite, c’est un enfant illégitime donc on enterre le fœtus ». C’est un peu facile et surtout très bas d’essayer de montrer le plus d’images choquantes et souvent malsaine sous le prétexte de décrypter la vie dans la tribu.
Et ce n’est pas tout : On assiste à des massacres d’animaux réels, c'est-à-dire que pour les « besoins » du film on a tiré à bout portant sur un cochon sauvage attaché et donc ne pouvant pas s’enfuir, on a égorgé vif une sorte de rat ou encore coupé en deux une énorme tortue afin de se repaître de se qu’elle avait à l’intérieur. Les animaux ne sont même pas tués sur le coup, c’est de la torture gratuite et c’est purement abject, et même révoltant. Un gros point rouge sur ce sujet pour ma part. Et je ne parle pas non plus des scènes érotiques par-ci par-la, ne servant à rien du tout…
Bon sinon on ne pas non plus critiquer un film gore parce qu’il propose du gore, et ici on est servi, c’est du gore bien répulsif car filmé dans le but de faire le plus réaliste possible. Avis aux amateurs, question gore on est servi. Le film vaut presque d’ailleurs son interdiction aux moins de 18 ans.
En bref, un film offrant de très bons et durs moments gore, qui part d’un concept intéressant et aurait pu donner quelque chose de très bon s’il ne s’était pas vautré dans le réalisme abject, malsain et complaisant.
2.5/6
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