ICHI THE KILLER (Koroshiya 1)
(Takashi Miike - 2001 - 2h09)
Avec Tadanobu Isano, Nao Omori, Shinya Tsukamoto
Interdit aux moins de 16 ans
L'histoire:
Anjo est un chef yakusa. Il disparaît avec 100 millions de yens. Kakihara, l'un des fidèles de son gang commence des recherches. Mais ses sanglantes méthodes ne plaisent pas aux autres gangs. Kakihara a cependant un rival de taille en la personne de Ichi, un meurtrier en puissance qui cache un étrange secret...
Mon avis:
Attention, film de fou ! Histoire de gangster sauce nippone gorgée de sadisme, on sent que Takashi Miike (réalisateur de Audition) s’est complètement laissé aller sur ce film à notre plus grand plaisir !
L’histoire, en bref : Un patron de la pègre nippone se fait assassiner, ses sbires vont tout faire pour retrouver le tueur, qui est en fait un dangereux psychopathe (Ichi) utilisé par une autre organisation criminelle. Bon c’est en gros, parce que l’histoire est par moment sacrément complexe.
Et qu’est ce qu’on obtient avec un scénario comme celui-ci ? Ca aurait pu être un film de gangster bien bateau, du genre déjà vu 100 fois, mais avec une énorme galerie de personnages hauts en couleurs et des scènes à la limite du supportable (la torture est plus que monnaie courante dans ce film), Takashi Miike nous livre un chef d’œuvre d’humour noir. Un peu comme Fight Club, le film peut se voir au premier degré, et même là Miike réussit son coup en livrant un thriller très sombre mais très touchant parfois malgré tout, mais peut également se voir comme une grosse comédie noire totalement déjantée et ne reculant devant aucun tabou. C’est ce genre de film à double facette qui peut se revoir facilement, en optant pour un côté ou l’autre.
Mais ne croyez pas que le film se borne à jouer l’ambiguïté envers la façon qu’on a de le voir, il s’avère très bon en tout point de vue : le scénario est d’une noirceur et d’un humour pas croyable, les amateurs de gore seront aux anges avec certaines scènes bien dégobillantes (pêle-mêle une pièce couverte de membres et d’organes internes après le passage d’Ichi, un bras arraché à main nue, des tonnes d’égorgements, un maquereau coupé en deux et j’en passe, un sbire qui se coupe la langue de lui-même pour une faute qu’il a commise) et d’autres d’un sadisme pas croyable, car j’y reviens on ne fait pas dans la dentelle question torture dans le film, et on peut assister à un nombre pas croyable de telles scènes dans le film. A voir avec le cœur bien accroché donc, et prévenu de ce auquel on s’attend. Il s’agit d’un film vraiment très dur par moments.
Mais croire qu’il ne se borne qu’à ça serait se tromper, un des gros points forts de ce film est d’ailleurs les personnages extrêmement charismatiques (Kahibara le premier, un personnage que je ne pourrais pas oublier, mention à l’acteur Tadanobu Isano - Qui est Kahibara ? C'est le personnage de l'affiche du film), joués par de très bons acteurs. Je pourrais aussi citer la réalisation vraiment excellente de Miike (qui n’en est pas à son premier film en même temps), ainsi que les musiques qui collent parfaitement au film.
Il y a aussi énormément à analyser dans le film de Miike, comme par exemple le thème du super héros réactualisé (cf. le costume d’Ichi) ou encore le parti pris de la perversion et du sado-masochisme. On voit que Miike s’est vraiment laissé aller à toutes les libertés sur ce film, et c’est du pur bonheur.
Un gros coup de cœur pour ma part mais « seulement » 5 car il s’avère assez complexe parfois, et on a du mal à faire des différences entre la réalité ou les pensées des personnages certaines fois. Quelques lenteurs aussi.
En bref, un très bon film qu’on peut voir comme un thriller très dur ou comme une comédie noire, doté d’un sadisme pas croyable mais surtout très bien interprété et réalisé. Un must de folie dérangeante.
5/6
Bande-annonce: (attention, elle est sévère)
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